Khalifa Youme : un Pessacais en or

Champion paralympique avec l’équipe de France de cécifoot, l’équivalent du football pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes, Khalifa Youme a accepté de nous partager son incroyable histoire. Revenons avec lui sur les Jeux de Paris 2024 et sur la place du handicap en France.

La vie de Khalifa Youme est une véritable épopée. Né au Sénégal, il grandit dans la pauvreté et souffre quotidiennement de son handicap. Résilient, il ne s’apitoie pas sur son sort : « Depuis que j’ai dix ans, j’ai toujours envie d’aller de l’avant. Chaque fois que j’allais mal, je me disais que je devais réussir pour aider mes parents. Pour cela, il fallait que je bouge davantage et que je surmonte tous les obstacles. » C’est par le sport qu’il va se battre. Il devient d’abord champion d’Afrique espoir en para-athlétisme. Arrivé à Pessac pour ses études en 2005, Khalifa Youme découvre alors le cécifoot à la télé, une révélation : « On m’a dit que le plus grand club de cécifoot se trouvait à Bordeaux. Sans plus tarder, je suis parti rencontrer le coach. »

La suite ressemble à un conte de fées : treize fois champion de France, K.Youme est un pilier de l’équipe nationale depuis 2018. Le graal arrive le samedi 7 septembre 2024 : après une finale au scénario dantesque contre l’Argentine (1-1, 3-2 aux tirs au but), les Bleus sont sacrés champions paralympiques. Un sentiment de fierté pour lui : « Gagner au pied de la Tour Eiffel, devant 12 000 spectateurs et des millions de téléspectateurs, c’est vraiment quelque chose d’exceptionnel. Pour l’instant, on n’arrive pas à réaliser la haute performance que l’on a accomplie. »

« Il faut faire connaître la déficience visuelle car c’est un handicap encore méconnu. »

Un sportif engagé

Malgré son palmarès, Khalifa Youme ne peut toujours pas vivre de son sport, non professionnalisé en France. Au quotidien, il est conseiller en emploi et insertion professionnelle, un moyen pour lui d’aider les personnes en situation de handicap à mieux s’intégrer dans notre société. Il espère que le coup de projecteur des Jeux va permettre un changement de regard en France. De son côté, il collabore avec les pouvoirs publics : « On me sollicite souvent pour aller dans les écoles afin de sensibiliser les jeunes et leur présenter le cécifoot. Il faut faire connaître la déficience visuelle car c’est un handicap encore méconnu. ».

À la fin de notre échange, il souhaite s’adresser aux étudiants de Sciences Po Bordeaux : « Intéressez-vous au monde du handicap ! Si on veut évoluer dans les politiques publiques, il faut que les obstacles et les besoins de ces personnes soient connus pour qu’elles puissent s’épanouir dans la vie en général. » Le message est clair : ne perdons pas la flamme de nos Jeux paralympiques !


Commentaires

Laisser un commentaire