L’A69, entre écocides et violations des droits humains

Ah la la, la France ! Le pays de la « zéro artificialisation nette des sols » mais qui permet à Atosca de couler joyeusement plus de 500 000 tonnes d’enrobé sur 300 hectares de terres agricoles et naturelles. Mais rassurez-vous ! C’est pour un projet d’utilité publique, nous dit-on. Et comment douter des paroles bienveillantes d’Edouard Philippe, de Jean Castex ou encore de Carole Delga. Ils·elles ne nous mentiraient quand même pas ! Surtout pour un gain si conséquent : une vingtaine de minutes de trajet en moins entre Toulouse et Castres pour la modique somme de 13,54€ l’aller-retour ! Un vrai progrès, non ? Enfin, passons, ce n’est pas vraiment le sujet de cette tribune. 

Saviez-vous qu’un rapporteur des Nations Unies s’était rendu dans le Tarn et avait constaté des traitements “inhumains et dégradants” infligés aux défenseur·euses de l’environnement ? Probablement pas. Pourtant, en février 2024, Michel Forst a demandé à la France de prendre des “mesures immédiates” afin de protéger les “écureuils” – ces militant·e·s perché·e·s en haut des arbres. Oui-oui, la France, que dis-je, “le berceau des droits de l’homme”, est accusée par le rapporteur de l’ONU de violer l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, mais aussi les obligations relatives à la Convention des Nations Unies contre la torture… Rien que ça ! 

Illustration : Paul Klein

Selon l’agent de l’ONU, les forces de l’ordre (FDO) interdiraient le ravitaillement en nourriture des « écureuils », entraveraient l’accès à l’eau potable, les priveraient délibérément de sommeil, ou encore déverseraient des produits inflammables aux pieds des arbres qu’ils·elles occupent. Michel Forst réclame aussi la facilitation du travail de la presse et des observateur·ices des pratiques policières. Il faut dire, que l’usage disproportionné de la violence de la part des FDO, ne semble pas faire exception le long de l’A69…

Le rapport de la commission d’enquête de la Ligue des droits de l’homme, publié le 26 septembre dernier, est tout aussi éclairant sur le quotidien des militant·es pacifiques : intimidations, harcèlements, coups de poing, de pieds, de matraques, gaz lacrymogènes et grenades explosives. Alors, on se demande bien ce que l’Etat attend depuis six mois pour appliquer ces fameuses “mesures immédiates” exigées par le rapporteur des Nations Unies. 


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