Alors que certain·e·s croulent sous le travail, enchaînant exposés, partiels et devoirs sur table, d’autres font le choix délibéré de s’aventurer dans des cursus parallèles. L’InsPo a rencontré ces travaill·eur·euses sans relâche et vous raconte leurs motivations et difficultés.
Sciences Po Bordeaux constitue pour beaucoup une formation convoitée: “c’était mon objectif quand j’étais en prépa”, se souvient Lisa, inscrite à l’université en plus de son M2. Pourtant le “Sciences Pipo” et l’insatisfaction sont des bruits de couloir difficiles à faire taire. Parmi ces insatisfait·e·s, beaucoup se tournent vers d’autres formations via des cursus parallèles [NDLR : à ne pas confondre avec les double masters BIRD-LUISS ou EAP-DPA, eux, conventionnés par l’IEP].
Stimulation intellectuelle ou avenir professionnel ?
L’InsPo a rencontré Chiara, Elouan, Naia et Lisa, tous·tes en Master à la fois à l’IEP et à la faculté. Si leurs domaines varient — philosophie, droit public ou économie — iels ont tous·tes un point commun : être entré.e en troisième année. Leurs motivations aussi sont semblables : se spécialiser. Un aspect que conçoit naturellement le directeur des études du second cycle, Gilles Bertrand. Il rappelle lui-même que “le fondement pluridisciplinaire de l’IEP est essentiel dans la formation de cadres supérieurs.”
Mais c’est surtout l’insatisfaction de l’enseignement et la volonté de s’enrichir intellectuellement qui les rassemble : “si ça avait été plus complet je n’aurais jamais fait un autre master” nous confie Lisa. “Le problème n’est pas que les contenus des cours ne m’ont pas plu, mais [c’est] le manque de stimulation”, ajoute quant à elle Naia. Point clivant pour G. Bertrand : “beaucoup ont l’air de croire qu’il suffit d’aller en cours et de les réviser. Non, il y a des lectures et approfondissements à faire. Parce que sinon vous tombez sur l’accusation de Sciences Pipo et de la superficialité !”
“Le problème n’est pas que les contenus des cours ne m’ont pas plu, mais [c’est] le manque de stimulation” – Naia
Un casse-tête administratif
Seul·e·s les sporti·f·ve·s et artistes de haut niveau bénéficient d’aménagements une fois arrivé·e·s en Master, à l’inverse des cursus-parallèles pour qui s’organiser devient un véritable casse-tête administratif. Quand les partiels s’enchaînent, “c’est la pire période”, même si “souvent ils ne tombent pas en même temps, parce qu’à l’IEP on en a peu” se rappelle Lisa.
“Ces cursus, c’est une multitude de cas particuliers à gérer, imaginez si on devait trouver des arrangements avec toutes les facultés dans lesquelles vous vous inscrivez !”, signale G. Bertrand. Des difficultés qui ne démotivent pas ces travaill·eur·euses content.e.s de combler les lacunes de leurs parcours respectifs.
Prévue pour la rentrée 2026, la réforme des masters pourrait répondre aux revendications et pallier les dysfonctionnements de l’actuel second cycle. Après celle du premier cycle, la promotion Angela Davis aura l’honneur de l’inaugurer !
Crédit photo : Laurent Wangermez, Sciences Po Bordeaux


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