À l’heure où l’Amazonie brûle et où la Bolivie a déclaré l’état de “catastrophe nationale”, le festival écologique Climax a invité le mois dernier Pablo Solón, figure phare du militantisme bolivien. Le combat de cet ancien diplomate s’articule autour de la protection de la nature et de la promotion du Buen Vivir, un concept hérité des peuples autochtones d’Amazonie. Echo’Logik et L’InsPo reviennent sur son parcours et son engagement environnemental.
Ancien ambassadeur aux Nations Unies, Pablo Solón a consacré sa carrière à des causes sociales et environnementales. Dans le cadre de ses fonctions, il a impulsé plusieurs résolutions cruciales dont la reconnaissance du droit humain à l’eau. Sur le plan écologique, il a co-organisé la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère à Cochabamba. En tant que militant, il dénonce les impacts destructeurs de l’extraction des ressources naturelles sur l’Amazonie, qui abrite une biodiversité riche et des cultures indigènes millénaires. La sauvegarde de cette biodiversité est intrinsèquement liée à celle des peuples autochtones : selon lui, la justice climatique ne peut être atteinte sans reconnaître le rôle fondamental que jouent ces communautés dans la conservation de l’Amazonie.
Au cœur de la pensée de Solón se trouve le concept du Buen Vivir, inspiré des philosophies des peuples d’Amazonie. Ce terme, qui signifie littéralement « bien vivre », exprime une vision du monde où l’harmonie entre l’être humain et la nature prime sur la logique de profit et de consommation qui régit la société moderne. Dans un article qu’il consacre à ce sujet, il explique que le Buen Vivir repose sur l’idée que le bien-être humain ne peut être dissocié de la santé des écosystèmes. Ce concept va au-delà de la simple conservation de la nature ; il s’agit d’une véritable rupture avec le modèle actuel qui détruit les ressources naturelles. Solón appelle ainsi à un changement de paradigme global.
L’Amazonie, souvent qualifiée de « poumon de la Terre », est l’un des plus importants réservoirs de biodiversité au monde. Cependant, elle est également l’une des régions les plus menacées par la déforestation, l’exploitation minière et les grands projets d’infrastructures. Pour Solón, la lutte contre la déforestation et la dégradation de l’Amazonie est cruciale pour le climat. En stockant plusieurs milliards de tonnes de CO2, la région joue un rôle clé dans la régulation du climat mondial.
Crédit photo : Juan Barretto, AFP


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