Pour ou contre : Inoxtag et l’ascension de l’Everest

Le documentaire “Kaizen”, où le YouTuber Inoxtag relate son ascension de l’Everest, a été sous le feu de nombreuses critiques comme d’éloges. L’InsPo participe à son tour à ce débat.

POUR

Pour les plus explorateurs d’entre nous, l’Everest fascine. 

Sur le plan individuel, l’ascension de ce sommet représente souvent un rêve, bien que difficilement atteignable. Si l’augmentation des expéditions accentue l’accumulation de déchets et détériore l’état des glaciers, il semble difficile d’arrêter les passionnés dans la poursuite de ce défi qui les anime. 

Sources importantes de revenus pour le Népal, ces ascensions stimulent l’industrie du tourisme. Elles permettent de soutenir des milliers d’emplois, et notamment le développement d’infrastructures dans les zones rurales. Aussi, les frais payés par les alpinistes financent des projets de nettoyage et de gestion des déchets, contribuant ainsi à la propreté dans la montagne. Les alpinistes sont dorénavant soumis à des codes éthiques stricts de ramassage de déchets, valorisant un comportement responsable. 

La montée de l’Everest enrichit également la recherche scientifique, notamment dans le domaine de l’hypoxie, ce qui pourrait à terme améliorer le traitement des maladies respiratoires. 

Enfin, gravir l’Everest est une reconnexion avec la nature, et une préservation des traditions locales. Alors, si vous voulez relever le défi, foncez ! Mais n’oubliez pas que le respect de l’environnement reste une priorité !

— Anouk Jullière

Illustration : Elsa

CONTRE

Il est indéniable que “Kaizen” est un véritable exploit : mettre un an pour réussir ce que beaucoup d’alpinistes passent leur vie à préparer, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais au-delà de la réalisation sportive, le documentaire pose plusieurs problèmes. 

Premièrement, en glorifiant la montée de l’Everest, il promeut un véritable désastre écologique : entre la pollution et le sur-tourisme, c’est tout un écosystème qui est menacé. Et dénoncer la présence de déchets pendant une petite minute sur 2h26 de documentaire n’y change rien. 

Ensuite, parce que monter l’Everest est l’élite : en comptant les sherpas (qui ne risquent pas leur vie pour le plaisir mais pour nourrir leurs familles), le matériel, le visa et le transport, le budget s’élève à plus de 50 000 € par personne. Se dépasser, oui, mais à prix d’or.

Enfin, parce qu’il bafoue la loi : déclaré illégal en raison de sa sortie quasi-simultanée au cinéma et sur YouTube, il a certes bénéficié d’une autorisation exceptionnelle, mais le nombre maximum de séances et de places autorisées a été largement dépassé …

Ignorer la catastrophe climatique, l’inaccessibilité d’un tel projet, et la loi, il y a mieux comme inspiration à donner à 8 millions d’abonnés.

— Janelle Martin


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