COP ou pas COP ? La jeunesse au chevet de la biodiversité

À l’occasion de la COP16, L’InsPo a rencontré trois jeunes engagées qui participent activement aux négociations internationales sur la protection de la nature et du climat.

En couverture, de gauche à droite : Caroline S., Ophélie C., Manon B. (L’InsPo)

La  COP16 sur la Diversité Biologique s’est clôturée le 2 novembre à Cali, en Colombie, après une prolongation in extremis. Ces négociations participent aux efforts mondiaux pour préserver la biodiversité, initiés lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Deux ans après l’adoption de l’accord-cadre de Kunming-Montréal lors de la COP15, qui fixait l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030, la COP16 devait permettre l’établissement d’indicateurs de suivi, la mobilisation de financements, ou encore le partage équitable des bénéfices issus de l’utilisation des ressources génétiques.

Caroline et Ophélie sont deux “Jeunes déléguées” mobilisées sur ces sujets : elles accompagnent les délégations interministérielles françaises à chaque COP pour lier négociateur·ice·s et jeunesse. La première, ancienne co-prez d’Echo’Logik, terminera son mandat “COP climat” après la COP29 de Bakou ; la seconde, en poste depuis juillet, a accompagné la délégation “biodiversité” à Cali. “On peut axer notre énergie sur un volet précis en fonction de ce qu’on aime faire et de là où on se sent utile”, résume Ophélie. Manon, ancienne coordinatrice climat du Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire, est quant à elle partie à Cali en tant que membre du YAC, le Comité de la Jeunesse de l’UICN. Au sein de cette union intergouvernementale, elle travaille à donner plus de place aux jeunes au sein de l’organisation.

Mais il est difficile de dire que la COP16 ait convaincu. Manon, présente lors de l’ultime plénière de la rencontre, raconte avec regret une clôture sans consensus sur les questions de financement, le quorum n’étant plus atteint. Ophélie tient à nuancer cet “échec” : déçue par la couverture médiatique, elle rappelle que “des textes ont été adoptés, représentant une vraie réussite”, comme l’organe de représentation permanent des peuples autochtones, ou la création du Fonds Cali.

Questionnées sur la pertinence et les moyens pour la jeunesse de s’engager, celles-ci abondent de pistes, enthousiastes : Caroline note que la jeunesse prend une place croissante dans ces débats, via des comités officiels et une présence accrue. Elle appelle chacun·e à se former, car la jeunesse se doit d’être crédible ! Manon insiste sur l’importance de renouer avec la nature autour de soi pour s’engager, et Ophélie rappelle que chaque niveau d’action compte : “on a besoin de ces dynamiques qui ont lieu à toutes les échelles, y compris à un niveau plus territorial, de terrain”, conclut-elle. 


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