Pour ou contre : La réforme des masters

Après la réforme du premier cycle, place à celle du second ! Les actuel·le·s 2A et les prochaines promos verront leur choix de Master renouvelé dès la rentrée 2026. Exit les 4 majeures que l’on connaissait, place aux 5 pôles votés en Conseil d’administration en septembre dernier. Pour le moment, les responsables de Masters planchent sur le contenu des maquettes, qu’iels doivent rendre à la mi-décembre. La rédaction de L’InsPo en débat. 

Pour

La réforme du second cycle représente une évolution nécessaire, visant à clarifier et simplifier une offre de formation qui n’a pas été révisée depuis 20 ans. Une mise à jour essentielle pour simplifier un dispositif qui, bien qu’efficace, ne répond plus totalement aux attentes des étudiant·e·s et aux exigences du monde professionnel.  

L’un des points forts de cette réforme est la création de cinq pôles thématiques regroupant dix-huit Masters, en remplacement des quatre majeures actuelles. Ces pôles auront pour mission d’intégrer au moins un enseignement concernant d’importantes problématiques contemporaines :  l’environnement et la transition écologique, les enjeux et les usages des outils numériques, les transformations et les grands enjeux des sociétés contemporaines, puis l’usage et le traitement des données.

Autre atout majeur de la réforme, l’introduction (enfin) d’un Grand Oral thématique par pôle. C’est une pratique qui était déjà courante dans d’autres IEP, mais elle faisait cruellement défaut à Sciences Po Bordeaux.

Cette réforme, dont l’architecture globale a été votée en début d’année en Conseil d’administration, sera effective à compter de la rentrée 2026. Réellement nécessaire, il reste cependant à voir si la réforme des Masters entraînera de véritables changements aux enseignements du second cycle, ou s’il ne s’agit que d’une réorganisation de surface.

Emma Lathuilliere

Contre

Plus de professionnalisation, c’est bien ! C’est même l’objectif de la feuille de route donnée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Mais cette réforme assurera-t-elle concrètement une professionnalisation ?

Déjà, les 5 pôles – Carrières publiques, Économie et transformations écologiques et sociales, Carrières de l’International, Gouvernance de l’Action publique et Politique et Sociétés – nous invitent à réfléchir en termes de “parcours” et non plus de Masters. Les étudiant·e·s d’un même pôle suivraient donc un tronc commun, auquel s’ajouteraient des options correspondant à un “parcours”. Une manière de consacrer notre manque de spécialisation sur le marché du travail ? 

Plus de professionnalisation, oui, mais à quel prix ? Par exemple, les Masters Affaires publiques et Représentations des intérêts (APRI) et Métiers du politique (MDP) devraient fusionner, car jugés trop ressemblants. C’est assumer que former des lobbyistes est la même chose que former des collaborateur·rice·s d’élu·e·s. Autrement dit, c’est anticiper un certain pantouflage, que l’on décrie si souvent.  

Plus de professionnalisation, réellement ? Hormis les changements dans le pôle “Politiques et Société” – qui porte d’ailleurs quasiment le même nom – les autres parcours semblent rester les mêmes. Au mieux, ils changent juste d’intitulé – Stratégies et Gouvernances métropolitaine devenant “Politiques urbaines” – et parfois, seulement de pôle. 

Bref, s’il s’agit uniquement d’une réorganisation de Masters, pourquoi parler de réforme ?

Inès Carissimi


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