Suite à un épuisement du brainstorming de la rédac’, L’InsPo ouvre le plus houleux des débats en ce bas monde : pesto rosso ou pesto verde ? Cousin italien de l’insatiable pain au chocolat ou chocolatine, le débat suscite l’envolée lyrique chez nos journalistes.
Team pesto rosso
Ah, le pesto rosso… quel chef-d’œuvre culinaire ! Pourquoi se contenter de la fade banalité du pesto verde quand on peut savourer la richesse et la profondeur des saveurs de son homologue écarlate ?
Dès que vous entrez dans le rayon sauce, il vous saute aux yeux avec sa superbe couleur rouge, tirant sur l’orange. Le rouge, c’est la passion, la chaleur, l’énergie. Cette teinte si alléchante vous donne l’eau à la bouche, et il suffit d’une bouchée pour être convaincu. Delizioso ! Comme diraient nos camarades de l’autre côté des Alpes. Le pesto rosso réveille les papilles comme un rayon de soleil méditerranéen. Chaque cuillerée vous transporte directement sous le soleil de Sicile.
Imaginez une assiette de pâtes nappée de pesto rosso : chaque bouchée est un voyage gustatif ! Mais le pesto rosso n’est pas limité à vos spaghettis du soir, il est inclusif. Il se marie à merveille avec les viandes, les légumes, et même les fromages ! De son côté, le pesto verde reste cantonné à une utilisation basique. Comme un Premier ministre, il est rarement capable de surprendre.
Le pesto rosso est tout simplement la star de la cuisine italienne. Tout aussi réconfortant que le vert mais plus ambitieux, le pesto rosso fait sensation à chaque fois. Alors oui, le pesto rosso est plus cher. Mais dans ce monde plein de mauvaises nouvelles, vous méritez bien un délicieux plat de pâtes au pesto rouge.
– Alice FAY
Team pesto verde
Il faut bien quelqu’un pour défendre la tradition italienne – bien qu’en terrible français cuisinant ses carbonara avec de la crème fraîche, je ne sois pas le mieux placé. Toutefois, mon argumentaire tient la route. Point de discorde : la tomate. Telle l’ananas sur la pizza, elle vient foutre en l’air deux mille ans d’histoire avec sa touche d’acidité décalée. Et puis, si l’on voulait de la tomate dans son pesto, autant commander une salade, et basta. Face à elle, fiers soldats résistant au rosso sacrilège : la puissance du basilic et la délicate touche de Pecorino AOP © Nonna 1995 s’allient en un pesto verde qui vous ravit les mots de la bouche. Un pesto verde qui caresse le palais, un pesto verde qui vous dit : “Mamma mia, con me, la pasta è buonissima!”.
Je ne dis pas là qu’il ne faut pas s’ouvrir aux différences, goûter ailleurs, tester de nouvelles choses. Mais un basique ne déçoit jamais : il a la douceur du chez soi, il reste à quai quand, déboussolé par des expériences culinaires étranges et parfois traumatisantes, vous vous languissez de lui. Il est là un mercredi 29 janvier lorsque, fauché, il s’associe au reste de pâtes dans le placard pour vous réchauffer le cœur. Et puis, lorsque vous êtes fauchés, le pesto verde ne vous la fait pas, non : il vous reste fidèle, bien plus discount que son pâle cousin rosso.
– Quentin MACHADO
Illustration : Elsa VOLTE


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