Ce mois-ci, L’InsPo vous invite à découvrir Mathilde Blanc, coordinatrice du pôle sport de Sciences Po Bordeaux. Ancienne étudiante en STAPS, elle jongle aujourd’hui entre gestion administrative, encadrement sportif et adaptation aux défis de son poste.
Arrivée à Sciences Po Bordeaux en 2023, Mathilde Blanc est aujourd’hui la coordinatrice du pôle sport. Pourtant, rien ne la destinait à ce poste administratif. Après des études en STAPS à Bordeaux pour devenir professeure d’EPS, elle a finalement pris un chemin différent. « J’ai adoré mes années STAPS », raconte-t-elle, « mais en master, avec la spécialisation, je me suis rendu compte que ce n’était peut-être pas ce que je voulais faire. » Après plusieurs stages et une prise de conscience sur les contraintes du métier, notamment la perspective d’un poste à Paris, elle choisit de ne pas passer le concours.
De STAPS à Sciences Po Bordeaux : un premier poste à responsabilités
Elle enchaîne ensuite les expériences : voyages en Europe et en Asie, saisons dans la restauration et l’animation, avant de revenir à Bordeaux. C’est là qu’une offre d’emploi à l’IEP s’est présentée. « Je suis arrivée ici un peu par hasard », confie-t-elle. Avec son sens de l’organisation et son envie d’apprendre, Mathilde a rapidement pris ses marques : « J’ai bien vu que c’était plus administratif qu’enseignant, mais je savais que dans les tâches de gestion, j’allais m’en sortir », explique-t-elle.
Le défi était de taille : « Avant moi, le poste est resté inoccupé plusieurs mois, donc j’ai dû découvrir au fur et à mesure ce qu’il fallait faire. ». Arrivée en cours d’année, sa première mission a été de faire un état des lieux : relevé des notes et des absences, suivi des étudiants, gestion du matériel pour les vacataires, … Ensuite, tout s’est enchaîné : préparer la rentrée suivante, recruter des vacataires, gérer le budget et les locations de salles ou encore négocier les infrastructures communes avec les autres facultés. « Il y a peu de créneaux disponibles, donc il faut savoir les saisir au bon moment », précise-t-elle.
Mathilde apprécie la diversité de ses missions. « Alterner entre le bureau et les infrastructures sportives, c’est ce qui me plaît le plus. ». Employée sous un régime administratif de 40 heures par semaine, elle enseigne environ sept heures, notamment en cross training, abdos-cuisses-fessiers et athlétisme, réparties sur le jeudi et le vendredi après-midi. En revanche, elle laisse d’autres disciplines à des spécialistes : « Je ne me serais jamais lancée dans le tennis de table, ça aurait été un carnage ! ». Passionnée par la danse contemporaine, qu’elle pratique depuis la fac, et le crossfit, qu’elle a découvert il y a un an, Mathilde s’est aussi mise au swimrun, un sport alliant course et natation.
« Il y a plus d’humain et moins de barrières dans le sport. On y vit des émotions bien plus fortes que dans un cadre classique. »
Toutefois, son poste présente quelques inconvénients. « Je travaille souvent seule dans mon bureau. Les vacataires sont sur le terrain, donc l’information circule parfois moins vite, et j’ai parfois du mal à avoir une vision d’ensemble. ». Malgré quelques difficultés, Mathilde s’est bien intégrée, notamment grâce à sa colocataire de bureau, Floriane Reilhan : « Cela a vraiment facilité mon adaptation. ».
Une vision du sport à Sciences Po Bordeaux
Mathilde gère surtout le sport noté, qui concerne près de 1 200 étudiants. Elle collabore avec les vacataires, des enseignants venant de lycées, des spécialistes diplômés d’État ou des clubs sportifs. « Le monde du sport et de l’EPS est petit. La plupart des vacataires viennent de STAPS Bordeaux, donc le réseau aide beaucoup. ». Avec une vingtaine de vacataires et une cinquantaine de sports, l’offre sportive de Sciences Po Bordeaux est impressionnante et même bien plus vaste que celle de STAPS, où les choix sont plus limités voire même imposés. « C’est une vraie chance d’avoir autant de disciplines accessibles », souligne-t-elle.
De plus, elle participe à une réflexion plus large sur l’avenir du sport à Sciences Po Bordeaux. « Il y a des discussions pour rendre le sport gratuit notamment avec l’UNEF. Est-ce qu’on veut garder les 50 sports proposés ? Quel schéma directeur on veut donner ? » Pour elle, le sport n’est pas seulement une activité physique, mais une discipline porteuse de valeurs : « Il y a plus d’humain et moins de barrières dans le sport. On y vit des émotions bien plus fortes que dans un cadre classique. ». Elle mentionne notamment « la cohésion, le partage et le respect », des valeurs qui sont difficiles à transmettre uniquement en cours magistraux. Convaincue de l’importance du sport dans la formation des étudiants, elle explique que : « Le fait que le sport soit noté est une bonne chose. Cela permet de structurer la discipline et d’éviter de tomber dans une simple animation sportive. ».
Et après ?
Alors que son contrat se termine dans deux mois, Mathilde ne sait pas encore quelle sera la suite mais espère bien terminer l’année universitaire ici et contribuer à préparer l’année suivante. À long terme : « Je veux exercer un métier passion », assure-t-elle avant d’ajouter : « Ça pourrait être dans le sport, comme totalement autre chose. ». Certes, elle s’intéresse au bien-être, qu’elle associe à sa passion pour le sport, mais envisage aussi des voies plus inattendues : « Ouvrir un café, devenir céramiste… Des trucs qui n’ont rien à voir ! ».
Pour l’instant, elle profite de cette expérience à Sciences Po Bordeaux pour enrichir ses compétences et se laisser le temps de réfléchir. « Ce poste peut m’ouvrir plein de portes par exemple sur l’événementiel sportif. »
Un dernier mot pour les étudiants ? « Profitez à fond de vos années ! Parce que même s’il y a les cours, il y a tout l’aspect groupe, cohésion entre les étudiants. Pour ma part, j’ai vraiment adoré ça dans mes études. Et en termes de sport, je ne peux que vous conseiller de pratiquer un sport que vous aimez ! Il n’y a rien de plus porteur. »

Cross Training. Crédit : L’InsPo.


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