Chaque année, les JISPO rassemblent des centaines d’étudiants des Sciences Po de France pour une compétition sportive aussi intense que festive. Mais derrière ces trois jours de ferveur, d’exploits et de rivalités bon enfant, se cache une organisation millimétrée portée par la FASSPO. Entre enjeux sportifs, défis logistiques et stratégie de communication, plongée dans l’envers du décor de cet événement hors norme. L’article complet est à retrouver en intégralité sur notre site Internet.
La FASSPO, association loi 1901 indépendante des IEP, fonctionne pourtant grâce à eux : ses 10 membres sont issus des BDS (Bureaux Des Sports) et AS (Associations Sportives) des différents établissements. Cette année, c’est la délégation d’Aix-en-Provence qui est aux commandes pour organiser l’événement, qui se tiendra du 19 au 21 avril prochain à Istres.
Une équipe passionnée et un projet structuré
L’InsPo a eu l’opportunité de discuter avec le bureau de la FASSPO, une équipe engagée et passionnée. À la présidence, nous retrouvons Léonie et Nino. La première est une ancienne présidente du BDS de Sciences Po Aix et avait déjà participé à l’organisation des GOR (compétitions Inter-Sciences Po entre Aix, Lyon et Grenoble) il y a quelques années. De son côté, Nino s’occupait d’abord des partenariats et a été responsable de la recherche de la ville hôte. Ils sont accompagnés par Camille, vice-présidente et responsable de la restauration au moment des GOT. L’équipe est complétée par une secrétaire et un trésorier, ainsi que par plus de 61 membres et 100 bénévoles chargés d’organiser des Jeux inoubliables. Pour Nino et Camille, cette année a une saveur particulière. « On fait partie de la promo maudite : on n’a jamais pu participer aux JISPO à cause du Covid. Aujourd’hui, on les organise. » Une façon de conclure six années d’études en beauté.

L’organisation des Jeux de l’Olympe a suivi un processus structuré. Dès avril 2023, l’équipe s’est constituée. Entre avril et septembre, le projet a été conçu. De septembre 2023 à mai 2024, la recherche de financements et de partenariats a battu son plein. Enfin, de mai à août 2024, les recrutements se sont poursuivis. Onze pôles assurent le bon déroulement de ce moment incontournable : restauration, communication, logement, transports, soirées, sécurité, santé et bien plus encore.
Planifier un tel événement demande un investissement quotidien. « On savait que cela prendrait du temps, mais on n’avait pas anticipé à quel point », confie Camille. Les réunions hebdomadaires s’enchaînent : une pour la présidence, une pour le bureau restreint, et une pour chaque pôle. À cela s’ajoutent des tâches transversales : gestion de la billetterie, recherche de subventions et de partenariats, recensement des besoins matériels… Mais ce n’est pas tout. Les imprévus sont permanents. Un devis de transport jugé trop bas par un IEP ? Il faut le réévaluer en urgence. Des demandes de dernière minute ? Elles doivent être gérées sur-le-champ. En bref : « On peut passer jusqu’à 7 voire 8 heures par jour à bosser sur la FASSPO », déclare Camille. « C’est une charge mentale quotidienne, et je trouve qu’elle s’est accélérée depuis janvier », ajoute Nino.
Un défi financier et une logistique d’envergure
Les moyens engagés sont considérables : 370 000€ de budget, qui atteignent 590 000€ si l’on prend en compte la valeur des infrastructures mises à disposition gratuitement. Une gestion rigoureuse s’impose, avec une anticipation de chaque dépense. « On parle d’argent depuis septembre, mais on ne voit la couleur des fonds qu’à la fin, quand on rend les packs », confie Nino. « L’argent rentre vite et ressort tout aussi rapidement. », poursuit-il.
Au milieu de tout cela, une question cruciale : comment s’assurer que nos sportifs seront bien nourris et prêts à affronter la compétition ? Alors, on leur a demandé : côté restauration, le défi est-il de taille ? Ils doivent prévoir 2400 repas matin, midi et soir. « On est en train de finaliser les deux menus avec les traiteurs (végé et végan), car on voulait combler l’offre. On travaille pour avoir de bons apports, un bon équilibre et une quantité assez élevée de calories, sachant qu’il y a une contrainte budgétaire. Chaque jour, chaque personne va manger pour 14€. », détaille Camille. Léonie assure quant à elle : « Il y aura aussi des offres complémentaires, au cas où, tout au long des journées et des soirées ! » Côté partenariats, certaines collaborations de la dernière compétition ont été maintenues, comme Yoplait, et d’autres abandonnées : « On ne voulait pas être associés à des chaînes comme Domino’s », avoue Camille.

La préparation d’une édition d’exception
Plusieurs éléments rendent ces Jeux uniques. Les infrastructures sportives sont exceptionnelles, et la ville d’Istres offre un soutien précieux. « On a touché le jackpot avec les infrastructures, elles sont toutes incroyables ! », s’enthousiasme Camille. « Et puis, faire du sport au soleil c’est dingue quand même ! », renchérit Léonie.
Au total, quinze sports sont au programme, dont deux mystères : l’ultimate et le Hip Hop. Une première ! Aussi, une cérémonie d’ouverture inédite a été ajoutée pour marquer le début de l’événement. La raison ? « On trouvait dommage d’être jeté directement sur les infrastructures », explique Léonie. La compétition est intense, mais la transparence et le respect des règles sont essentiels. « Sachez qu’on vérifie tout pour éviter les mercenaires ! », affirme Léonie. « Et si on en trouve le jour J, ce sera dehors ! », promet-elle avec fermeté.
L’équipe organisatrice tire un bénéfice personnel et professionnel immense de cette aventure. « C’est une expérience qui change une vie ! », confie Nino. Pour l’équipe de Lille, qui reprendra le flambeau, le conseil principal est clair : « Ne vous prenez pas trop au sérieux. Ce sont trois jours de sport et de fête, pas une question de vie ou de mort. Au pire, il y aura quelques mécontents, mais l’essentiel, c’est de se rappeler pourquoi on le fait ! », délivre Nino.
À un mois des Jeux, le sprint final est lancé. Derniers préparatifs, coordination des équipes… la tension monte, mais l’équipe reste impassible. « Non, je ne suis pas stressé, mais je vois bien que plus ça approche, plus il faut rester hyper concentré et penser à tous les détails », assure Ninon. Pour Camille, le stress n’est pas tant un problème. « J’ai hâte d’être dans le vif du sujet en termes de logistique. La nuit, ça m’arrive de me réveiller et de compter le nombre de barnums. Je suis impatiente de faire un bilan, même perso. Et puis, à un moment donné, il faut aussi le dire : il faut que ça se finisse ! » Après presque deux ans de travail et de sacrifices, l’heure approche pour toute la FASSPO, qui se tient prête à accueillir les délégations de sciencepistes déchaînés. Nino le rappelle : « Une ville d’exception, la première cérémonie d’ouverture de tous les Jeux, il va y avoir du show : vous n’êtes pas prêts ! »
Avec une équipe passionnée, des infrastructures de qualité et une ambiance survoltée, cette édition s’annonce d’ores et déjà mémorable. Nino le résume bien lorsqu’il évoque les autres délégations : « Ils ne sont pas fâchés avec le bonheur cette année, et nous non plus ! »
Bordelaise, Bordelais, votre président vous parle !
En marge de notre rencontre avec le bureau de la FASSPO, nous avons eu le plaisir de recueillir les propos de notre cher Henri, coprésident de l’Association Sportive. Avec sa camarade Lucie, ils ont rejoint les autres Bureaux des sports les 15 et 16 mars derniers pour découvrir la ville hôte de ces Jeux Inter-IEP : Istres.
« C’était un week-end très sympa », nous confie-t-il. « On a été accueillis, avec Lucie, très chaleureusement par Nino, qui nous a même laissé son lit et a dormi dans sa chambre d’amis. Le samedi, on a fait une réunion, on a signé le règlement et il y a eu une soirée aussi pour “cohésionner” tout le monde. »
Il se montre très optimiste et impatient : « Les infrastructures sont effectivement très bien et la FASSPO n’a rien à envier aux éditions de Libourne et de Saint-Germain. Au nom de l’AS, je tiens à dire qu’on a entièrement confiance en la FASSPO. Ça va être de beaux Jeux et nous respecterons notre célèbre triptyque : respect, partage et performance. »
De même, il salue la mise en place d’un prix boursier différencié selon les échelons, ouvrant les Jeux au plus grand nombre. Néanmoins, celui qui se fait désormais appeler “Maxigourmandise” par ses compères (allez voir le TikTok de la FASSPO pour de plus amples informations) ne peut s’empêcher d’émettre des doutes sur les promesses de beau temps des organisateurs : « On est partis de Bordeaux, il faisait beau, et on est arrivés à Aix, il pleuvait à tonneaux… »
Fier de sa délégation de 293 sportifs (la plus importante parmi les 10 IEP), Henri félicite notre AS, « performante tant dans l’organisation que sportivement parlant. » Avec une trentaine d’équipes, « il y a une vraie cohésion avec des events toute l’année (soirées, pré-Jeux, le WES…), et le fait d’avoir le sport obligatoire, ça aide forcément ! »
Tous les espoirs sont permis pour ces JISPO, et Bordeaux espère bien ramener l’amphore à la maison : « Je vous invite à entrer dans l’histoire, à aller chercher cette 5ᵉ étoile. Contrairement à ce que disait Paris il y a trois ans, notre IEP n’est pas comme les cannelés : ce n’est pas mou et ce n’est pas toujours raté ! On n’oublie pas notre slogan : “Bacchus aux commandes, Bordeaux en légende !” »
Crédit photo : la FASSPO


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