23 février 2025
5h, c’est le réveil difficile, celui qu’on aurait presque envie de repousser mais qu’on finit par respecter tant on sait que la cause défendue est légitime. À 6h, c’est l’arrivée. Une poignée de grands motivé·e·s, dont certain·e·s qui ont passé la nuit ici, sont en train de récapituler ce qu’il s’est déroulé au cours de la journée passée. L’ambiance froide du parvis est réchauffée par les nouvelles·aux venu·e·s apportant quelques viennoiseries.
Jusqu’à 11h c’est la phase tranquille, beaucoup travaillent leurs cours. On en profite pour discuter, à se demander en quelle année, quel Master on est. C’est à cet instant qu’on se rend compte du nombre de première année présent·e·s. Iels sont tellement.
À 11h première AG. On fait le point, on avise sur le programme de la journée, sur les besoins pour le repas du midi et sur les différentes conférences qui se tiendront durant l’après-midi. On soumet quelques votes, notamment pour la rédaction de posts et de communiqués. Tout paraît alors tellement collégial et concerté.
Jusqu’à 15h on se découvre, on parle de nos motivations, de nos histoires. On s’aperçoit que tout le monde est là pour la même cause mais que les chemins tracés pour y arriver n’ont rien de semblable.
Le temps est idéal. Capricieux certains jours, mais idéal aujourd’hui. On alterne ainsi les lieux de nos conversations, passant des tables extérieures gorgées de soleil à l’espace repos collectivement aménagé dans une salle du rez-de-chaussée. C’est finalement dans cette salle coupée du reste que tout s’opère. Les tables y sont rassemblées, la nourriture partagée et l’accès direct à des sanitaires nous offre un réel niveau d’hygiène et de sécurité, particulièrement une fois la nuit tombée.
Très rapidement, c’est l’heure de la seconde AG. Des votes plus ou moins importants y prennent ainsi place. Il s’agit désormais de définir la suite du mouvement, de savoir comment mener les négociations. Beaucoup de débats se tiennent, mais la parole de chacun·e est prise en compte.
Une fois l’AG terminée, certain·e·s se décident à rester. On occupe la soirée en jouant à des jeux, pendant que d’autres font progresser les groupes de travail sur les différents sujets débattus lors de la fin de journée. La nuit finit par s’installer, il est l’heure de rejoindre l’occupation à Montaigne. On se rend alors compte que la mobilisation est loin d’être isolée, et c’est rassurant.
Quelques-un·e·s partent dormir tandis que d’autres surveillent les environs depuis les toits. Il y fait froid, mais on y est bien. Finalement le temps défile tout seul, il est déjà 5h. L’heure de rattraper les premiers trams et de rentrer; dans l’espoir de revenir plus reposé·e.
Bloqueur·euse

Illustration : Morgane Perrier


Laisser un commentaire