Louis Lacaze : du droit à Sciences Po Bordeaux

L’InsPo vous invite à découvrir le parcours de Louis Lacaze, juriste acheteur public à Sciences Po Bordeaux. Entre décisions académiques déterminantes et évolution professionnelle, il met aujourd’hui son expertise au service de notre IEP, à la croisée du droit et des marchés publics.

De l’Alsace à Bordeaux : un parcours entre décisions et passion

Originaire de Strasbourg, Louis Lacaze, 25 ans, a grandi au rythme des mutations professionnelles de ses parents. De l’Alsace à Djibouti, en passant par La Réunion et la Picardie, il s’est finalement installé sur le bassin d’Arcachon. Au moment de choisir son université, une décision difficile s’est imposée : suivre sa famille à 18 000 km, en Nouvelle-Calédonie, ou rester seul à Bordeaux. « Le choix était dur, surtout quand je voyais, le cadre paradisiaque que j’aurais pu avoir. La fac était littéralement en face de la mer », explique-t-il. Malgré tout, il ne regrette pas sa décision : « J’ai choisi les études qui me plaisaient. » 

Diplômé d’une licence en Droit Public à Bordeaux, il poursuit son parcours avec un Master en Droit Public des Affaires. Sciences Po Bordeaux ne lui est d’ailleurs pas inconnu : il y a déjà suivi plusieurs cours dans le cadre du Master EAP/DPA (Expertise en Affaires Publiques / Droit Public des Affaires).

C’est à cette période qu’il se passionne pour les rouages administratifs et juridiques, allant jusqu’à consacrer son mémoire à un sujet inédit : la gestion du secret dans les marchés publics. Un travail novateur qui explore les tensions entre la transparence européenne et les impératifs stratégiques en défense. “C’était un vrai casse-tête, il n’existait aucune doctrine sur le sujet !” se souvient-il. Plonger dans les zones grises du droit l’a confronté à des contradictions fascinantes : “Dès qu’on touche à la défense, on se rend compte que les principes européens de transparence et d’accès à la commande publique ne comptent plus.” 

Du ministère des Armées à Sciences Po Bordeaux 

Après avoir effectué son alternance au Ministère des Armées et obtenu son diplôme en 2022, Louis y retourne cette fois en tant qu’acheteur public. Il prend en charge des marchés d’envergure pour la base de défense de Nouvelle-Aquitaine, de Bayonne à Saint-Maixent en passant par Cognac et La Courtine, un poste aussi exigeant que formateur. “Faire des erreurs me permettait de me remettre en question et de progresser”, souligne-t-il.

Mais l’opportunité de rejoindre Sciences Po Bordeaux l’année suivante l’amène à envisager un nouvel horizon. Le poste qu’on lui propose est hybride : à la fois acheteur et juriste. Il lui permet d’assurer une transition en douceur. “J’avais déjà un pied à l’étrier avec la commande publique, et cette nouvelle mission de juriste m’ouvrait aussi d’autres perspectives.” Un défi qu’il accepte sans hésiter. “Le changement ne me faisait pas peur. Je voulais tester ma capacité à rédiger des actes juridiques”, déclare-t-il. Après une courte semaine de transition, il s’intègre rapidement : “L’arrivée ici s’est très bien passée !”.

Marchés publics et actes juridiques : un poste à double casquette 

Louis occupe aujourd’hui un poste à double casquette au sein du service juridique, dirigé par Karima et créé en 2017. La passation des marchés publics constitue sa première mission et occupe environ 40 % de son temps annuel. Pour chaque marché supérieur à 40 000 €, une procédure stricte doit être suivie : définition des besoins, rédaction des clauses administratives et financières, publication sur une plateforme et attribution aux fournisseurs. En moyenne, le service juridique en gère une dizaine de marchés chaque année, portant sur des projets comme le nettoyage des locaux ou la rénovation des infrastructures universitaires. Bien que la rédaction des pièces contractuelles d’un marché prenne en moyenne 2 à 3 jours voir une semaine selon le montage juridique, l’ensemble du processus, de l’identification du besoin à l’attribution finale, dure en moyenne six semaines. Parmi les projets d’ampleur à venir : un marché pour la refonte et mise à jour de la plateforme Aquimob et un autre pour la rénovation du côté nord de la BU et des amphithéâtres. 

“J’ai souvent la casquette de celui qui pose les limites et donc parfois devoir dire non”

Son deuxième rôle, plus vaste, porte sur l’expertise juridique plus globale, du conseil et veille juridique pluridisciplinaire à la rédaction d’actes juridiques : arrêtés, jurys de délibération, documents pour le conseil d’administration… Il veille notamment à la mise en conformité juridique des décisions prises. De plus, dans le rôle de conseil juridique, il est amené à devoir éclairer les demandeurs sur des questions ayant des impacts pour les étudiants et personnels. Louis reconnaît la délicatesse de ce rôle : “J’ai souvent la casquette de celui qui pose les limites et donc parfois devoir dire non”. Ce qui le passionne c’est de décrypter les subtilités du droit et d’expliquer pourquoi certaines décisions sont prises. “Comprendre le droit, c’est avant tout un moyen de savoir pourquoi on nous dit non” Cependant, Louis admet : “Les règles de manière générale sont loin d’être simples et ne sont pas toujours optimisées pour être intelligibles entre elles.”

Un engagement dans la cellule de veille et d’écoute

Louis s’investit aussi dans la cellule de veille et d’écoute, composée de cinq membres (L. Hippeau, F. Reilhan, A. Lemaire-Patin, A. Brasseur et lui-même). Celle-ci traite de situations sensibles et offre un soutien aux étudiants. “Au départ, dans mes premiers entretiens face à des situations compliquées où des intérêts légitimes mais divergents s’opposaient, je ne savais pas comment réagir”, avoue-t-il. Aurélie Brasseur, dernière recrue, explique : “Je suis particulièrement attentive aux problématiques liées aux violences sexistes et sexuelles (VSS), aux discriminations et au mal-être au travail. Bien que des progrès aient été réalisés, ces enjeux demeurent malheureusement toujours d’actualité. Je suis très contente d’avoir rejoint récemment cette super équipe.”  

Une vision flexible de l’avenir

Louis n’a pas de plan figé pour l’avenir : “J’ai beaucoup bougé, donc je ne me fermerai pas à l’idée de partir si l’occasion se présente, mais en même temps, si je devais rester je le ferai. Je me sens très bien ici.” 

Son conseil ? “Ne vous prenez pas la tête, profitez de votre liberté ! En études supérieures, on peut encore partir en soirée, en week-end, en voyage, sur un coup de tête. Essayez, tentez, trouvez quelque chose qui vous anime et faites-le à fond. Post études supérieures, on réfléchit plus avant de se lancer, on perd un peu d’insouciance.”

Crédit photo : L’InsPo


Commentaires

Une réponse à « Louis Lacaze : du droit à Sciences Po Bordeaux »

  1. Avatar de Michel Soulé-Limendoux
    Michel Soulé-Limendoux

    Que dire de plus au regard d’un parcours sans faute. Louis, malgré son jeune âge, a su faire des choix difficiles, mais payant à force de volonté, abnégation pugnacite et sérieux. Ainsi, ses qualités lui ayant permis de valider ses objectifs qui le conduisent vers une carrière dont il est difficile à ce jour d’en percevoir les limites. Bon vent à lui sur la route du succès. Mille félicitaions de nous tous.

    Michel SL

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