Un nouveau quartier sur une zone de friche urbaine : c’est l’objectif de Canopia. Ce projet de construction doit devenir une ligne verte reliant la gare Saint-Jean aux bords de la Garonne. Prévu pour 2027, il abritera boutiques et logements. De nombreuses attentes et ressentis sont exprimés autour du projet, révélant également les enjeux urbains du quartier de la gare.
Les retours des commerçants alentour pour ce projet sont assez homogènes. Restaurateurs et tabacs PMU espèrent qu’il attirera de nouveaux clients. Néanmoins, durant cette période de travaux, ils notent une circulation compliquée. En effet, dû au manque de places et aux tarifs élevés, le quartier de la gare est exposé à des difficultés de stationnement.
Le type d’enseignes qui s’installera dans les nouveaux locaux constitue également une préoccupation pour certains commerces du quartier. Le magasin Boulon Plaquette de réparation, location et vente de vélos, redoute notamment l’arrivée de Décathlon. Le projet prévoit 1000m² réservés à l’économie sociale et solidaire (ESS) sur les 140 boutiques qui seront présentes sur le site. À ce jour, les enseignes concernées ne sont pas encore définies, mais la municipalité de Bordeaux a fait de l’ESS une condition à la réalisation de ce projet, note Grégoire de Rugy, chargé de la communication du projet Canopia.
Certains commerçants soulèvent aussi les problématiques du trafic de stupéfiants et de délinquance dans la zone, espérant que ce projet les limitera.
Concernant les logements, Apsys, le promoteur du projet, en restera propriétaire mais déléguera la gestion de leur location à des entreprises telles que Sergic. Les près de 6400m² de surface prévus devraient inclure 2 résidences étudiantes, soit 164 studios, dont la moitié de logements sociaux. Une autre résidence est envisagée et à l’étude indique Grégoire de Rugy.
Néanmoins, il y a peu de certitudes à ce jour sur les prix des logements, hormis pour la résidence sociale. Apsys défend la transparence et le respect de la réglementation de plafonnement des loyers, plus de précisions seront apportées en se rapprochant de l’ouverture du quartier en 2027.
Finalement, ce nouveau quartier a pour ambition d’offrir un nouveau pôle dynamique à l’extérieur du centre-ville, alliant urbanisme écologique, commerces équitables et stimulation économique. Cette transformation impactera probablement les quartiers alentour, en commençant par la gare elle-même. La SNCF mène concomitamment un vaste chantier pour qu’elle devienne une « gare du quotidien » avec l’arrivée de quatre lignes de RER métropolitain d’ici 2035, augmentant la fréquence de certains trains de 1 départ par heure à 1 toutes les 15 minutes.
Ce projet est singulier avec 60% de façades en pierre, une architecture qui s’inspire du patrimoine bordelais et de nombreux espaces verts, comme l’explique le chargé de communication du projet. Une autre condition établie par la municipalité repose sur l’augmentation du nombre d’arbres dans le quartier. Par ailleurs, l’eau de la Garonne sera utilisée pour rafraîchir le système de climatisation du quartier. Selon une étude de ‘The Climate Company’, une baisse de 0,17 degré celsius est attendue en 2045 dans le quartier de Canopia, contre une augmentation de 5,3 degrés celsius dans d’autres quartiers plus minéraux de Bordeaux à la même période. Cet effet de rafraîchissement serait permis par une plus grande végétalisation de l’espace et grâce aux méthodes de construction des bâtiments.
Malgré les préoccupations sociales et sécuritaires qu’il soulève, le projet Canopia est une initiative prometteuse : il s’agira d’observer sur le temps long les effets du projet sur le quartier et son appropriation par les Bordelais et les Bordelaises.
Crédit photo : Apsys – Site institutionnel de la Mairie de Bordeaux


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