Gaza : la fin du conflit ?

Le 10 octobre dernier, un nouveau cessez-le-feu a été signé entre les autorités israéliennes et le Hamas. Si cette nouvelle semble apporter une véritable lueur d’espoir dans les deux camps, le bilan, lui, est bien moins réjouissant.

Près de 190 000 blessés. Plus de 65 000 morts. 3 cessez-le-feu. Et un conflit qui aura duré plus de deux ans. Et pourtant, ce lundi 10 octobre, ce n’était pas des cris de peur qui ont retenti dans la bande de Gaza, mais bien des cris de joie. Mêmes scènes de liesse à Tel-Aviv, pour les israéliens réunis sur la place des Otages. Tous célébrant la même nouvelle : l’entrée en vigueur dans la nuit du 9 au 10 octobre d’un accord de cessez-le-feu entre les autorités israéliennes et le Hamas. Les négociations se sont déroulées à Charm El Cheikh, une ville au sud de l’Égypte, en présence des diplomates égyptiens, américains, qataris, et turcs.

Parmi les points majeurs de cet accord : la libération des otages détenus par le Hamas en échange de prisonniers palestiniens, le retrait progressif des forces israéliennes et le retour tant attendu de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne en proie à la famine. Un nouveau “dispositif de sécurité et de gouvernance” devrait également être implémenté à Gaza, selon le journal Al-Jazeera.

Depuis le 7 octobre 2023, sur les 2,3 millions d’habitants que comptait l’enclave avant le début de la guerre, 67 000 (dont 20 000 enfants) ont été tués, 169 000 blessés et 1,9 million déplacés, selon l’Unicef. En Cisjordanie, ce sont près de 7000 habitants qui ont été déplacés, 975 qui ont perdu la vie, et dix fois plus qui ont été blessés. Israël déplore de son côté 1200 morts et plus de 7500 blessés.

Une lueur d’espoir… pourtant loin de s’apparenter à une victoire

Si les Gazaouis ont accueilli cette trêve avec soulagement, ils la considèrent davantage comme un “sursis” que comme la fin réelle de la guerre, d’après le média palestinien Al-Quds. Les forces israéliennes ont d’ailleurs appelé les habitants de l’enclave palestinienne à ne pas retourner de suite dans la ville de Gaza.

Au-delà de l’issue de la guerre, de nombreuses questions restent par ailleurs en suspens : au 11 octobre, de nombreux points de passage étaient toujours bloqués, et l’aide humanitaire comme la presse étrangère peinaient toujours à circuler, alors même que 220 journalistes ont péri dans l’enclave depuis le début de la guerre. Tout est à reconstruire, des logements aux infrastructures médicales ou éducatives. Reste donc à savoir si les engagements pris lors de ces accords seront effectivement appliqués, comme en ont appelé de leurs vœux les dirigeants français, allemand et britannique.

En couverture : Scènes de liesse à Tel-Aviv (à gauche) et à Gaza (à droite). Crédit photo : Amnesty International


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