La place de l’IA à Sciences Po Bordeaux : entre réflexion et action 

En cette rentrée de septembre 2025, les étudiant·e·s sont tenu·e·s de signer un nouveau document pour leur inscription : une charte des usages numériques. Ce changement fait écho au nouvel enjeu des intelligences artificielles au sein de Sciences Po Bordeaux.

Les différents acteurs de l’IEP sont en accord sur la constante évolution de l’IA et sur la nécessité de discuter et former autour de ce sujet. Prometheus, l’association « du numérique et des sciences », pour reprendre les mots du co-président Esteban Noel-Dufour, souligne l’importance de s’emparer de la question de l’intelligence artificielle. Non pas pour la promouvoir, mais bien pour encourager une réflexion sur son utilisation et son impact, tout en permettant aux étudiant·e·s de se familiariser avec ses atouts et ses limites. 

D’un autre côté s’ajoute la question de l’adaptation des méthodes d’apprentissage et d’évaluation, comme l’explique Mickael Temporao, enseignant-chercheur à Sciences Po Bordeaux. Selon lui, il n’y a pas de message définitif sur la marche à suivre, mais cela constitue une occasion de repenser les compétences travaillées en cours. L’administration accompagne ces réflexions avec le travail de la cellule d’appui à la pédagogie, offrant des formations pour les professeurs volontaires. 

Céline Thiriot, directrice des études, note l’enjeu pour les étudiant·e·s d’apprendre à utiliser les différents outils sans pour autant « permettre à l’IA de se substituer au travail attendu de ces derniers ». Pour ce faire, les élèves de première année auront désormais un module complémentaire au second semestre avec une séance en présentiel sur les outils d’intelligence artificielle. 

Un outil à double facette

Les différents acteurs interrogés relèvent la dualité de ces nouveaux outils. Les recherches faites avec l’IA étant 10 fois plus énergivores que les recherches sur Google, elles doivent être effectuées de façon appropriée. Mickael Temporao indique que les IA génératives se limitent à prédire le mot suivant. Elles peuvent aider à se faire une première idée sur une question connue, à condition de vérifier leurs réponses. Si le recours à l’IA implique une potentielle perte de compétences, il permet également d’en développer d’autres : l’important étant d’en faire un usage éclairé. Finalement, le débat reste au cœur de la réflexion, qu’il est important de le faire vivre, comme le précise Esteban Noel-Dufour. 

Sciences Po Bordeaux semble donc adopter une position ouverte sur la question de l’IA, reconnaissant la nécessité d’adaptation des différents acteurs de l’IEP. L’administration manifeste la volonté de travailler sur les modalités d’utilisation de l’IA, tout en informant sur ses enjeux éthiques et environnementaux. 


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