Pour
Revenons aux origines : qu’est-ce qu’un bar ? Un lieu de rencontres, de nouveautés et de découvertes, de changements dans le cycle quotidien. Le bar est donc un lieu chaleureux et de renouveau que le « bar concept » pousse à son paroxysme. Les consommateurs y découvrent de nouvelles sensibilités et expériences, seuls ou à plusieurs. Élargissant l’horizon des possibles, les bars à chats promettent un renouveau gustatif ainsi qu’une reconnexion à ce qu’il y a de plus animal en nous, au contact des fourrures apaisantes de ces bêtes poilues qui se prélassent auprès de nous.
Dans la même lignée, les bars à pâtes surprennent : les nouilles y sont réinventées, tout en laissant place à la continuité. En s’inscrivant dans ce que promet le bar et sa vocation de découverte, ces derniers permettent une interculturalité franco-italo-américaine, entre coquillettes et fromage râpé, entre couverts en carton et sauce aux champignons. Une innovation aussi fraîche que leurs tagliatelles !Dans les cafés des bars coule la vie, dans les idées nouvelles des bars concepts coule l’avenir : multiculturel, ouvert, tolérant, nouveau. Si les bars étaient des arbres, les concepts en seraient les fleurs : couleur et nouveauté, printemps et égaiement. Si le bar est souvent le monopole de l’alcool, le bar concept, lui, est l’ouverture sur ce qu’est l’être, un point de départ vers de nouvelles sensations.
– N. M.
Contre
Bars à jeux, bars à chats, bars à coquillettes… Les thématiques se multiplient, pour le meilleur mais surtout pour le pire. On a d’ailleurs l’impression, en entendant parler de « bars à concepts », d’assister à une nouvelle lubie bobo-parisienne. Et quand on se penche sur des exemples comme le Colette Water Bar, aujourd’hui heureusement fermé, la caricature saute aux yeux : pour un prix allant de 3,50 à 15 €, on pouvait choisir parmi une soixantaine d’eaux différentes. Certes, on peut distinguer le goût d’une Cristalline de celui d’une Volvic, mais faut-il vraiment payer dix euros pour une simple bouteille des Fidji ? L’absurdité du concept est éloquente.
Les bars à concepts l’ont bien compris : leur « originalité » sert surtout à justifier des prix excessifs. Certains établissements surfent sur une esthétique soignée et « instagrammable », pensée dans les moindres détails, davantage pour être photographiée que réellement appréciée. Derrière ces façades dignes d’un décor de Wes Anderson, l’expérience s’avère souvent banale…
À force de vouloir innover à tout prix, certains finissent par frôler le ridicule. On retrouve en tête de liste dans le monde des exemples tels que les bars à oxygène, à céréales ou à sieste… Ils illustrent tous une société obsédée par la nouveauté, où l’apparence prime sur le fond et où la simplicité d’un vrai bar de quartier semble dépassée.
– Lisa Bouttier


Laisser un commentaire