Pour ou contre : Le sport automobile

Alors qu’en octobre avait lieu la troisième édition du “GP Explorer” créé par le youtubeur Squeezie, l’évènement a ravivé le débat sur l’existence même de la Formule 1, certains pointant du doigt son impact environnemental.

Contre 

À l’heure où le réchauffement climatique s’accélère et où les transports représentent le deuxième secteur le plus polluant, l’existence de la F1 interroge. À la fin de la saison 2024, les émissions de ce sport s’élevaient à 168 720 tonnes de CO2, ce qui équivaut au bilan annuel d’environ 35 000 voitures. Une pollution qui atteint des sommets pour une activité qui n’a pas d’autre but que de répondre à un besoin croissant de divertissement et de spectacle.  

De plus, si le sport est considéré comme un vecteur d’intégration, censé dépasser les logiques de classe, peut-on en dire autant de la F1 qui apparaît comme profondément élitiste ? En effet, réussir dans ce sport nécessite de bénéficier d’infrastructures imposantes et d’un budget personnel colossal : une voiture de F1 coûtant près de 15 millions d’euros.

Ainsi, quand on s’intéresse aux origines des 20 pilotes de F1 concourant en 2025, on aperçoit nettement que ceux d’origine occidental sont surreprésentés par rapport à ceux des pays du Sud. Par exemple, seuls Franco Colapinto (Argentine) et Gabriel Bortoleto (Brésil) sont à l’œuvre pour représenter l’Amérique Latine, tandis que les régions du Moyen-Orient et d’Afrique ne bénéficient d’aucune représentation. 

Une question se pose alors : Face à de telles discriminations socio-économiques et géographiques, peut-on vraiment considérer la F1 comme un sport “comme les autres”…?

— Lola Hernandez 

Pour 

Longtemps critiquée pour son impact environnemental, la Formule 1 arbore un nouveau visage : celui d’un laboratoire de technologies durables. Défendre les Grands Prix, c’est défendre une vision du progrès pour une industrie plus responsable. 

D’ici 2030, la Formule 1 s’est engagée à devenir neutre en carbone, ou au minimum à réduire de moitié ses émissions de carbone par rapport à 2018. Dès 2026, les voitures rouleront avec un carburant entièrement durable. 

Au-delà de la réduction des émissions de carbone, la Formule 1 cherche à devenir un véritable centre de recherche, impactant non seulement la compétition mais aussi les innovations de demain. 

Au-delà de la technologie, la Formule 1 est un spectacle unique, présent sur chaque continent et offrant une vitrine culturelle pour les pays hôtes. Les gains économiques sont considérables : afflux de touristes, stimulation de l’économie locale… Chaque circuit est différent (du Japon au Brésil) et permet une saison riche en rebondissements. 

Enfin, la F1 reste avant tout un sport d’équipe réunissant des passionnés venus  de tous les horizons : ingénieurs, pilotes… Chacun peut y trouver sa place et exprimer sa passion. 

Au final, toute compétition sportive est polluante. Entre les déplacements des sportifs et les événements internationaux, les critiques adressées à la F1 pourraient s’appliquer à d’autres sports. N’est-ce pas hypocrite de viser seulement les GP ? 

— Charlotte Kelle