Game of Thrones à côté de Stranger Things ou Harry Potter croisant The Witcher… Ce mélange de licences cultes et de créations de Netflix pourrait bientôt devenir une réalité.
Après avoir été fragilisé par des dettes de dizaines de milliards de dollars, par des fusions manquées et par l’explosion du streaming, le groupe Warner Bros Discoveries (WBD) est, depuis octobre, à vendre. En quelques semaines, bien que des entreprises comme Comcast aient tenté de se faire une place dans les négociations, ils ne sont que deux, Paramount et Netflix, à s’être démarqués. Cependant, ils ne convoitent pas les mêmes actifs.
En effet, WBD se divise en deux : d’un côté WDB Streaming & Studio, avec entre autres WB Television/Motion Pictures, HBO, HBO Max et l’ensemble des licences. De l’autre, WBD Global Networks, les chaînes sportives et linéaires à horaires fixes.
Netflix se projetait exclusivement sur la branche Streaming & Studios, en la valorisant à 82,7 milliards de dollars (72 milliards hors reprise de dette). Paramount, pour sa part, voulait acquérir l’ensemble de WBD pour 108,4 milliards, mais le conseil d’administration a rejeté la proposition, jugée incertaine à cause de son niveau de financement par la dette. Néanmoins, sous la pression concurrente, Netflix a transformé son offre en supprimant la part en action (16%), pour proposer un paiement entièrement numéraire, devenant ainsi le favori du rachat.
Pour le géant du streaming, l’opération serait un virage majeur. Longtemps critiqué pour son manque de licence et sa dépendance aux créations originales, Netflix pourrait bientôt se prétendre studio hollywoodien. En plus d’inclure des plateaux de tournage et un catalogue déjà bien rodé, la transaction lui permettrait de multiplier les spin-offs et de relancer des projets jusqu’ici abandonnés.
Reste maintenant plusieurs interrogations. On ignore encore quelle forme pourrait prendre la fusion, comment serait intégrer le répertoire de WBS, et quel en serait l’impact sur les prix. Plus largement, la vente interroge sur l’avenir du cinéma. Bien que Netflix affirme dans un communiqué « s’appuyer sur ses points forts [de WBS] notamment la distribution de films en salles », rien ne garantit que ce modèle soit maintenu face à la rentabilité du streaming. Enfin, l’aspect social est en question, puisque la fusion pourrait causer de lourdes pertes d’emplois.
Quoi qu’il en soit, tous disposent d’un répit, car la transaction ne se concrétisera pas au minimum avant la fin 2026 ; d’autant qu’elle risque d’attirer de très près l’attention des autorités du droit à la concurrence sur la question de la concentration du pouvoir entre les seules mains de Netflix.
Crédit photo : Pexels


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