Depuis 2018, la clinique Tivoli à Bordeaux abrite en son sein l’institut franco-européen multidisciplinaire d’endométriose (IFEM Endo). Classée première clinique en France pour la prise en charge chirurgicale de l’endométriose en 2025, l’institut assure le suivi médical des patientes déjà diagnostiquées, doublé d’une intense activité de recherche clinique et de formation chirurgicale et médicale. Là-bas, nous avons rencontré Adrien Crestani, chirurgien-gynécologue, qui évoque les réussites mais aussi les obstacles freinant encore la prise en charge globale de la maladie.
La salle d’attente ne désemplit pas à la clinique Tivoli de Bordeaux, qui abrite le pôle spécialisé en endométriose IFEM Endo. Ici sont orientées les femmes déjà diagnostiquées et atteintes d’une forme complexe et sévère de la maladie. Mais au-delà de la prise en charge clinique, l’institut joue un rôle central dans la recherche scientifique. « Notre centre fait partie des premiers publicateurs sur l’endométriose en France », se félicite le praticien. Une recherche souvent autofinancée via l’activité médicale et complétée par des subventions publiques, obtenues à la suite de la publication des travaux de recherche.
Une dynamique freinée par des obstacles structurels nationaux
Pourtant, cette dynamique locale se heurte à des limites persistantes. « Le cadre existe, mais il avance lentement », résume le médecin. Malgré les avancées scientifiques, le délai de diagnostic est toujours de 7 ans en moyenne. Si le développement du test salivaire a récemment été présenté comme une innovation majeure, le médecin relativise : « S’il venait à se généraliser, nous ne serions pas en mesure de prendre en charge l’intégralité des patientes. Il n’y a déjà pas assez de gynécologues pour effectuer des frottis, les services sont déjà saturés. »
Plus de formation et de sensibilisation
Si les délais de diagnostics restent encore importants, cela s’explique d’abord par un retard de formation des médecins généralistes. Au sein des facultés de médecine, le premier chapitre entièrement dédié à l’endométriose est apparu seulement en 2020, expliquant alors un manque de compréhension majeur concernant le fonctionnement de la maladie. Mais selon le gynécologue, la priorité reste d’améliorer le « ruissellement de la connaissance » vers les patientes. Trop longtemps banalisée, la douleur menstruelle fait désormais l’objet d’actions de sensibilisation dans les lycées bordelais, où il rappelle aux adolescentes que « si ça fait mal, c’est qu’il y a un problème à traiter. »
Crédit photo : Pexels


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