BXIA, un projet de supercalculateur et data center à Bordeaux

Le 7 janvier 2026, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic et la présidente de Bordeaux Métropole Christine Bost ont annoncé le projet Bordeaux IA ou BXIA. Il vise à instaurer un futur pôle numérique souverain incluant un supercalculateur et des data centers. Celui-ci devrait être installé à Bordeaux-Lac, sur le parking du Parc des expositions.

Ce projet de supercalculateur (un ordinateur ayant une grande capacité de calcul) et de data centers est ambitieux : plus de 3 milliards d’euros ont déjà été investis sur les 10 à 12 milliards nécessaires. Cela permettrait la création de 300 à 600 emplois. Il pourrait profiter d’une connexion au câble transatlantique Amitié, reliant les État-Unis à Bordeaux. La société BXIA est
sous le contrôle du promoteur immobilier Nouvelles Fonctions Urbaines (NFU) et de la société de gestion de fonds immobiliers Osae Partners. NFU était déjà à l’origine du projet BX1 installé à Bruges depuis 2021.

C’est désormais dans le projet BXIA, dont les travaux vont s’étaler entre 2028 et 2031, que le promoteur se lance, succédant au projet inabouti BX2. La
consommation électrique devrait avoisiner les 400 MW dont 250 MW issus des data centers, soit environ deux tiers de la consommation de la ville de Bordeaux.

Une attractivité technologique espérée

Intelligence artificielle, modélisation industrielle, santé… Ce projet doit répondre aux besoins de différents secteurs. Un développement local au profit de startups mais aussi des collaborations avec des entreprises telles
que Mistral AI sont envisagées. Cela permettrait une attractivité technologique régionale, nationale et européenne tout en contribuant à rattraper le retard pris dans le développement de l’IA.

Selon le Rapport « European Digital Sovereignity » d’Oliver Wyman, 92 % des
données des pays occidentaux seraient stockées hors de l’UE, principalement aux États-Unis. Un meilleur contrôle des données sur le territoire français est
alors à prévoir. Toutefois, des experts suggèrent qu’elles vont se cumuler à celles déjà stockées.

Des questions éthiques

Les initiateurs du projet mettent en avant une “petite révolution” dans le secteur de l’IA. Ils disent avoir élaboré des techniques pour limiter son impact
environnemental, telles que le refroidissement en circuit fermé ou le recours à l’électricité verte. La mise en place d’un cadre éthique est aussi prévue, intégrant la protection des données des individus et le respect des réglementations européennes comme le RGPD.

Le projet se heurte toutefois aux critiques de médias comme Reporterre ou d’élus écologistes, qui craignent une hausse de la consommation d’électricité et d’eau liées au fonctionnement et au refroidissement des appareils.

Crédit photo : Rue89 / BXIA


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