À l’heure des vœux de mobilité, et pour vous offrir un avant-goût de dépaysement, j’ai testé le Guatemala. Après un vol de 24 heures comprenant deux escales (mon enfant sera forcé de vivre dans une grotte sans électricité pour compenser le bilan carbone de son père…), l’aventure a commencé.
Me souhaitant futur reporter, j’ai toujours arboré mon attrait pour le risque. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, ma famille et moi avons atterri dans un restaurant de narco-trafiquants. Chapeaux de cow-boys, pistolet à l’arrière du dos… j’ai très vite compris que ma vocation était finalement à La Défense, dans une tour sécurisée (j’ai eu peur à ce point-là ?). Moi qui avais toujours critiqué les Américains et le Second Amendement, j’ai enfin compris : s’il a une arme, pourquoi pas moi ? L’engrenage était lancé…
Après cette mésaventure, et n’ayant toujours pas compris que mon destin était dans le confort aseptisé d’un cabinet d’audit, je me suis dit que je pourrais être aventurier. Le premier test commençait très tôt : 5 jours dans la jungle pour découvrir les premières cités mayas, uniquement accessibles à pied. Le pick-up commença est venu nous chercher à 5 heures du matin, rythme que nous allions suivre durant tout le trek ; ainsi j’en venais presque à regretter les TD à 8 heures, c’est pour vous dire… Après 3 heures en 4×4 et une sortie de route, les journées de 8 heures et 20 km ont commencé. La réalité m’a vite rattrapé : boue, pluie et moustiques étaient mon lot quotidien. Le soir, les « bucket showers » et les nuits en tente étaient peut-être moins reposantes que les journées de marche elles-mêmes. Pour couronner le tout, mon traumatisme : les singes hurleurs. Un singe, mignon de jour, mais qui la nuit se transforme en monstre faisant le bruit d’un T-rex, nous ôtant le courage d’aller aux toilettes.
Après ces jours de marche intense avec, autant de sommeil qu’en période de partiels, j’ai pu monter cette fameuse pyramide de La Danta, et cette fois-ci, j’ai oublié mes galères et l’enfer des jours précédents. C’était décidé, je serai explorateur. Surplombant les arbres, l’horizon de la jungle était infini : pas une trace de notre société. Le bruit des oiseaux, des singes et des félins entrait en harmonie avec le coucher de soleil. Sentir que notre petit groupe de 10 était seul sur cette terre… drôle de sensation.
Mais le retour à la douche chaude a eu raison de mes ardeurs d’Indiana Jones. Entre la jungle et le confort de l’atrium, mon cœur balance encore… mais mon dos, lui, a définitivement choisi. J’ai testé le Guatemala, et si mon bilan carbone est en ruine, ma soif d’aventure est enfin rassasiée. Du moins, jusqu’à la prochaine attribution de vœux.
Illustration : Erell Jolivet


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