Le samedi 24 janvier dernier, la finale du prix Mirabeau, concours d’éloquence inter-Sciences Po, s’est tenue au château Descas de Bordeaux. Notre ville accueillait en effet cette 15e édition qui a vu triompher la délégation strasbourgeoise. Plongez avec nous dans cet incroyable évènement.
Une organisation taillée sur mesure
Deux soirées de concours pour plus de 10 mois de préparation : un ratio faisant trembler les plus allergiques à la prévoyance d’entre-nous ! En effet, le comité d’organisation du Prix Mirabeau s’est mis au travail dès le mois de mars 2025, comme nous le racontent les coprésidents Lou et Clément qui “n’ont pas longtemps hésité à saisir l’occasion”. Le bureau rapidement constitué, l’équipe se plonge alors dans toutes les démarches administratives : statut du concours, siège social qui se déplace à Bordeaux, recherche de salles, … Les “galères” s’enchaînent et s’accumulent sans décourager le bureau. L’été arrive alors mais les vacances ne suivent pas forcément, entre création de la direction artistique et la rencontre avec les futures délégations lors de visios.

Dès septembre, rappelé vers les bancs de l’IEP, les choses sérieuses commencent. Le budget et les partenariats se précisent, de la recherche de financement avec la fondation Anthony Mainguené jusqu’à la restauration avec les canelés de la pâtisserie Cassonade. À quelques mois du prix vient la recherche des différents jurés, une étape délicate car, comme l’explique Lou, « ça ne servait à rien de les contacter si tôt », les agendas des personnalités ne se précisant souvent qu’un mois avant l’échéance. Le comité doit alors « construire ce qu’on appelle la relation jury » pour confirmer les dix membres nécessaires, tout en jonglant avec le « souci de la parité » et les désistements de dernière minute qui obligent à trouver des remplaçants en urgence. Cette quête de jurés s’étend même aux lycées de la région, où le bureau se déplace pour former un « jury lycéen » afin d’offrir à des jeunes un regard « plus neutre » et « spontané » sur les prestations des orateurs. Enfin, le mois de décembre se transforme en un “cercle vicieux” pour nos coprésidents, entre gestion des transports et opérationnalisation qui n’en finissent plus. Mais l’attente se termine enfin le vendredi 23 janvier : la 15 édition du Prix Mirabeau est ouverte !
Le concours : 48 heures intenses
Ces deux jours de concours représentent l’aboutissement de près de 10 mois de travail et de préparation. L’évènement a été organisé et programmé à la minute près. Cependant, Lou et Clément ont rapidement réalisé qu’un tel événement nécessite avant tout de l’adaptation et de la prise d’initiatives. Tout va très vite : entre les délégations qui arrivent, la préparation de la salle, l’accueil des invités et des jurés, nos coprésidents doivent prendre des décisions rapides. « On se tourne vers toi quand on ne sait pas, mais 95% du temps tu ne sais pas non plus » nous explique Clément. « La personne est tellement stressée, donc qu’elle soit bonne ou mauvaise la réponse il faut la donner », complète Lou. Néanmoins, malgré les difficultés de micro et les changements de dernière minute, la demi-finale du concours est une réussite. Après des mois d’échanges très « institutionnels », le comité Mirabeau a enfin rencontré les délégations et les personnes derrière tous ces courriels. La journée de la finale semble alors « surmontable », tout en étant loin d’être reposante.
Le samedi 24 janvier le réveil se fait tôt, des préparations dans le château Descas à la réunion avec les présidents des différentes délégations, il faut être efficace et concentré. La « réunion des présidents », comme nous l’explique Eva et Louan, anciennes oratrices de la délégation lyonnaise, a permis comme chaque année de « dire ce qui allait bien, mais surtout tout ce qui n’allait pas dans l’organisation, (…) pour que ça se passe mieux l’année d’après ». L’intelligence artificielle a été un point difficile à traiter cette année, notamment car « trouver des sujets avec ChatGPT ce n’est pas le but de l’exercice ».
La soirée du concours débute par une réception dans une salle du château pour les délégations, le jury lycéen, les jurés et les invités. S’ensuit l’ouverture de la finale avec une performance de danse espagnole et les discours de nos coprésidents. Orateurs et jouteurs s’enchaînent ensuite sur la scène, provoquant rires et admiration, dénonçant et happant le public dans leurs récits. Quand arrive le moment des délibérations, l’ambiance dans la salle est électrique, les drapeaux sont brandis, les spectateurs chantent et soutiennent leurs orateurs.
Rennes, 4ème prix. St-Germain-en-Laye, 3ème prix et prix lycéen. Bordeaux, 2ème prix. Les grands gagnants sont Strasbourg !

Une expérience unique
Ces deux soirées furent sans aucun doute mémorables, que ce soit pour nos orateurs ou l’ensemble de l’organisation ! Une oratrice lyonnaise nous raconte son expérience (gourmande) : “On a été globalement très bien accueillis. On a pu tester un nombre de cannelés incroyables. On en a mangé matin, midi et soir. On était très contents.” L’heure est également au bilan pour nos deux présidents. Lou conclut : « On a tout géré nous-mêmes, la réussite est vraiment là ». Clément, encore « dans les nuages », savoure l’instant : « C’est un privilège d’avoir cette émotion après ». Une page se tourne entre « baby blues » et fierté du devoir accompli.

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