Ce semestre, Sciences Po Bordeaux accueille de nouveaux étudiants en provenance des États-Unis, dans le cadre du programme d’échange Middlebury, qui combine immersion à l’Université, et dans des familles françaises.
Ils sont cinq étudiants à être arrivés en janvier à Bordeaux avec le programme Middlebury. Max, Yihang et Sophia étudient à Sciences Po Bordeaux, Autri et Henry à l’Université Bordeaux Montaigne.
Instauré à Bordeaux en 2007 et à Sciences Po Bordeaux en 2015, après Paris et Poitiers, le programme d’échange permet la réception de “60 à 80 étudiants dans les trois villes françaises, et la sélection d’un certain nombre d’étudiants français pour passer un semestre ou une année aux États-Unis” explique Amy Tondu, directrice associée du programme Middlebury Schools in France.
Découverte de la cuisine française
Entre Poitiers, Paris et Bordeaux, le choix n’a pas été très difficile pour nos trois néo sciencespistes. “Bordeaux est un bon compromis entre Paris et Poitiers” indique Max, âgé de 21 ans, originaire du Texas et étudiant à Middlebury, dans le Vermont. Pour Yihang, Chinoise du même âge et étudiante au Bowdoin College dans le Maine, Bordeaux était un moyen d’ “améliorer son français plus facilement qu’à Paris”.
Les étudiants ont rapidement pu découvrir la région avec un premier mois rempli de sorties : tour de boulangeries, visite de Saint-Émilion et soirées avec Erasmix, visite de la Cité du vin avec le programme Middlebury, qui les emmène en Dordogne, puis à La Rochelle. “Ma pâtisserie préférée ? La chocolatine !” lâche Yihang, déjà coutumière du vocabulaire local.
Ils n’ont en effet pas pu échapper à la gastronomie française : “du beurre, du pain, du fromage : j’aime bien !” s’exclame Max, logé à St-Michel chez Catherine et Arasmo, un couple franco-espagnol. Et les huîtres ? “J’aimerais bien les goûter” avoue Sophia, qui a déjà apprécié les escargots.
L’étudiante de 20 ans, qui a déjà vécu quelques mois en France à l’âge de quatre ans, grâce à une mère professeure de français, remarque des Français “très gentils, avec les Américains aussi”, y compris dans sa classe.
De l’échange universitaire au mariage
Les trois néo-Bordelais suivent 100% de leurs cours en français, dans une conférence de méthode de troisième année. Yihang constate des cours “très difficiles à comprendre, du fait de la barrière de la langue et du niveau d’exigence” et des “moments d’échanges entre les professeurs et les étudiants qui sont plus nombreux qu’aux États-Unis”. Leurs camarades de classe, “appartiennent déjà à des groupes, ce qui rend plus rares les occasions de parler avec eux”, développe-t-elle. Surtout, aux États-Unis, “il y a plus d’heures de cours alors qu’ici, il y a plus de temps libre et donc plus de devoirs” complète Yihang.
Cette barrière de la langue a donné du fil à retordre à Max : “les premières semaines ont été un cauchemar à cause de cela car c’est très difficile de parler ; on ne peut pas exprimer ses émotions et inquiétudes. La famille d’accueil, c’est pas un vrai ‘chez soi’. Mais maintenant ça va, j’ai des amis français et américains !”.
Le programme Middlebury “donne des opportunités d’immersion linguistique, culturelle, académique” rappelle Amy Tondu, qui se souvient même avoir “assisté au mariage à Bordeaux en 2024 d’une ancienne étudiante qui a épousé le copain qu’elle s’est fait pendant son séjour de mobilité à Bordeaux !”. “Les voir s’épanouir, et aimer la France comme nous l’aimons, cela nous motive” confie-t-elle.
Originaire de Virginie, Sophia constate des différences importantes de comportement social entre Français et Étatsuniens : “Chez moi, dans le Sud, tout le monde se dit bonjour. Ici : il y a moins de small talk”. Max et Yihang s’accordent à différencier les campus des États-Unis, où les étudiants vivent en autarcie, au contraire de la France où “on retourne chaque soir à la maison” analyse l’étudiant.
Habituées des nombreuses associations dans les universités américaines, Yihang a rejoint Good Morning Asia, tandis que Sophia veut essayer la danse avec “Shake it up”. Côté sport, Max veut aller voir l’UBB.
“Les Français se plaignent beaucoup”
“Si tu vois un américain, tue-le”. L’étudiant du Vermont préfère ironiser de ce sticker aperçu à un arrêt de tram : “Nous avons pris cela en photo avec sourire. C’était très drôle mais il faut se dire que quelqu’un a pensé ça”, relate-t-il.
Le groupe d’amis a pu vérifier quelques clichés sur les Français. “Beaucoup de gens avec des baguettes sous le bras” rigole Max, avant d’ajouter : “Ma famille d’accueil ne se douche pas très souvent”. Les deux femmes se rejoignent sur un point : “Les Français se plaignent beaucoup !”. “Macron, lui aussi, est très français ; il me fait rire ! Quand il parle, il ne dit pas grand chose !” lance Sophia en souriant.
Les prochains mois s’annoncent intenses en voyages. Espagne, Italie, Angleterre et Ecosse au programme pour Sophia ; Barcelone et Valence pour Yihang ; Dublin, Prague, Budapest et Madrid pour Max, qui veut aussi “visiter Paris, Versailles, Toulouse et Poitiers”.
Pour finir, Sophia approuve un dernier cliché : “Tout le monde déteste Macron”.
En couverture : Sophia, Max, Henry, Autri et Yihang en visite à la Cité du Vin avec le programme Middleburry. (Crédit photo : Yihang)


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