Pour ou contre : la dark romance 

Pour

Pourquoi la Dark Romance plaît-elle autant ? C’est une question légitime compte tenu des nombreuses critiques qui lui sont faîtes. Si elle séduit autant de lecteur·ices, c’est parce que, dans la majorité des cas, elle permet d’assouvir le plaisir coupable de l’interdit, d’une relation complexe avec une personne qui n’a rien du gendre idéal. Qui n’a jamais rêvé d’un bad boy ? D’une relation avec de la tension et des rebondissements ? Lire de la dark romance permet de combler ce fantasme et de s’immerger dans le quotidien de personnages qui n’ont rien de réel, car rappelons-le, tout cela reste de la fiction. 

Ce qui plait aussi, c’est que ces histoires sortent du cliché des relations parfaites que d’autres genres littéraires tels que la New Romance peuvent développer. Ici, on se plonge dans des schémas de relations complexes, avec des personnages torturés, souvent soumis à des conflits internes. L’univers sombre dans lequel ils évoluent permet plus facilement d’aborder des sujets profonds, qui rendent la lecture plus intense qu’un simple livre de romance. 

Enfin, rappelons que ces livres sont tous différents, qu’ils sont initialement destinés à un public majeur et surtout conscient de l’aspect purement fictif de ces histoires. La Dark Romance ne pose pas de problème, tant que le plaisir coupable d’une relation exceptionnelle et dangereuse reste ce qu’il est : un fantasme.

Contre

Accepter de lire de la Dark Romance et même apprécier ça, c’est accepter la banalisation de comportements et de schémas de relations très problématiques et toxiques. La Dark Romance romantise la violence et les abus, qu’ils soient physiques et/ou psychologiques. Elle amène à fantasmer sur des relations totalement irréelles, avec des individus ayant commis des actes horribles et dont la place devrait être en prison. 

Aussi, l’un des principaux problèmes de ce genre littéraire est son public : avec les réseaux sociaux, ces livres sont propulsés sur le devant de la scène médiatique et attirent de très (trop) jeunes personnes. Bien souvent, les amateur.ices de Dark Romance ont en moyenne entre 14 et 16 ans, une période de la vie où l’on est en pleine construction. Lire ces livres à un tel âge peut amener à intérioriser des comportements problématiques et dangereux et à les voir comme synonymes d’une relation “passionnelle”. 

L’attitude des auteur·ices est aussi critiquable. Sous prétexte d’avoir fait un disclaimer au début du livre, en faisant une liste de sujets sensibles auxquels on s’expose en entamant la lecture, iels peuvent écrire ce qu’iels  veulent et participent à ce processus de banalisation et de mystification de relations problématiques. 

Ne normalisons pas les relations abusives et toxiques sous couvert d’une histoire palpitante : arrêtons de promouvoir la Dark romance. 

Crédit photo : Pexels


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