À Bordeaux, la tempête Pedro pose de sérieux enjeux pour l’avenir

Il y a quelques semaines, Bordeaux a été touchée par des pluies et des vents d’une intensité que la ville n’avait plus connue depuis longtemps. Quelques temps après Nils, la tempête Pedro a fait sortir la Garonne de son lit et une cellule de crise a été constituée à la mairie pour encadrer la gestion de la crise. Retour sur ces évènements, dont la nature répétitive pose de sérieuses questions pour l’avenir…

Le jeudi 19 février, les Bordelais se sont réveillés les pieds dans l’eau. Le pic de la Garonne a été déclaré à 6,85 mètres par Vigicrues, là où la hauteur moyenne se situe généralement autour de 5 mètres. Peu de temps après la tempête Nils, qui avait déjà frappé début février l’Ouest de la France, le Sud-Ouest était à nouveau touché par de fortes pluies, des vents soufflant jusqu’à 120km/h et des vagues gonflant jusqu’à 15 mètres de haut.

Des perturbations météorologiques de plus en plus fréquentes

Depuis le début de l’année 2026, Pedro fut déjà la troisième tempête à frapper la France, après Goretti et Nils. Mais, si ces phénomènes sont de plus en plus fréquents, la réponse sur le rôle du changement climatique est nuancée. En effet, MétéoFrance affirme qu’il est difficile d’identifier un signal net sur l’intensification des tempêtes, et le dernier rapport du GIEC reste prudent. Toutefois, le changement climatique provoque une hausse des niveaux marins et renforce l’intensité des pluies, ce qui peut favoriser le déclenchement de tempêtes. C’est notamment le risque de submersion marine qui est en cause, qui serait plus important avec des précipitations plus abondantes.

Une nécessaire adaptation

Si ces évènements sont amenés à être de plus en plus fréquents, comment anticiper alors leur gestion ? À l’échelle municipale, le maire Pierre Hurmic a activé le 18 février le Plan communal de sauvegarde : un outil administratif qui permet de mobiliser la police municipale pour assurer la protection dans les zones les plus exposées. Des dispositifs de mise à l’abri ont été déployés, notamment pour les personnes sans domicile. Côté urbanisme, en Lot-et-Garonne, un important chantier fut entrepris à Sénestis pour sécuriser une conduite de gaz déterrée par la crue de la Garonne. Enfin, il existe des dispositifs tels que le Plan de Prévention des Risques d’inondation (PPRi), qui interdit la construction en zone rouge, même s’il est reproché à l’État une déconnexion avec la réalité du terrain. La diversité de ces outils montre bien la prise en compte de ces risques, mais la question se pose désormais de savoir s’ils sont suffisamment calibrés pour des phénomènes amenés à s’intensifier de la sorte.

Crédit photo : Le Bulletin Bordelais