Le 23 février 2026, des tags ont été découverts sur les murs de l’université Bordeaux Montaigne. Ils s’inscrivent dans un contexte de tension marqué par l’antisémitisme, l’islamophobie et la haine envers les militants de gauche.
Un contexte politique en tension
Le 14 février dernier, Quentin Deranque, militant d’extrême droite, est mort de ses blessures suite à une altercation avec des militants antifascistes. Un hommage lui a notamment été rendu lors de manifestations d’extrême droite. Un appel du groupuscule identitaire, Les Natifs, a été soutenu par des personnalités politiques comme Eric Zemmour. À Bordeaux, la fresque érigée en soutien à la Palestine a été taguée par les termes « Génocide mérité » ou « qu’ils brûlent tous ». Cette violence se poursuit sur les murs avec les inscriptions « Fuck islam », « bon gaucho = mort », « justice pour Quentin ».
Des actes condamnés par plusieurs syndicats
Le Comité d’action contre l’extrême droite de l’Université de Montaigne déplore ces actes. Il est convaincu de l’implication de l’extrême droite et a partagé un communiqué : « La nébuleuse néofasciste profite de la criminalisation de la gauche radicale et du blanchiment de l’extrême droite orchestrés par le gouvernement pour se montrer au grand jour. Les tags de ce lundi s’inscrivent dans cette séquence de décomplexion. Ces propos sont d’une gravité extrême ». Dans la journée, une soixantaine d’étudiants ont recouvert les tags. Ils ont préféré les termes « extrême droite hors de nos facs » ou “soutien des Palestiniens”.
« La tendance à la fascisation des étudiants »
Nous avons pu recueillir le point de vue d’un étudiant de Sciences Po Bordeaux qui participe aux assemblées générales et à diverses luttes sociales. Il s’est dit choqué par de tels actes mais content qu’une mobilisation rapide les ai effacés. Il dénonce néanmoins une apathie générale et une fascisation du milieu étudiant. Il défend que la qualification de « facho » est de plus en plus assumée par des membres de syndicats comme l’UNI ou la Cocarde étudiante et que certains membres tabasseraient des antifas et feraient des saluts nazis. Des médias comme Libération ont dénoncé des agressions de ce type.
L’université de Bordeaux-Montaigne ne s’est pas exprimée à ce sujet, malgré des sollicitations de médias à l’instar de Sud Ouest. De plus, les syndicats évoqués précédemment défendent les droits des étudiants et permettent l’essor du débat politique, en s’opposant vivement aux militants de gauche et partagent des valeurs plus traditionnelles. Le sondage Ipsos Talan de 2024 révèle une forte division politique : 48 % des 18-24 ans ont voté pour le Nouveau Front Populaire, contre 33% pour l’extrême droite. Les oppositions dans le milieu étudiant sont ainsi à craindre.


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