Les 5, 6 et 7 juin prochains, Bordeaux accueille au Stade Atlantique la dernière étape du circuit mondial de Rugby à 7. L’InsPo a eu la chance de rencontrer Nicolas Hourquet, directeur du tournoi Bordeaux SVNS 2026. Il nous partage sa vision du rugby à 7 et ses attentes pour la compétition, à quelques semaines de celles-ci.
Plus qu’une simple variante
Le 27 juillet 2024, à l’heure des coups de 20 heures et dans la ferveur olympique, l’équipe de France masculine de rugby à 7 crée l’exploit en dominant les doubles champions en titre fidjiens (28-7). Menés par Antoine Dupont, les bleus décrochent leur première médaille d’or dans cette variante du rugby, et mettent par la même occasion un grand coup de projecteur sur la discipline. Longtemps resté dans l’ombre de la catégorie reine du jeu à 15, le rugby à 7 connaît un nouvel essor dans les années 2000 avant de devenir un sport olympique aux Jeux de Rio en 2016. Après la médaille d’argent des féminines à Tokyo et la victoire des hommes à Paris, la FFR, via notamment son président Florian Grill, espère bien capitaliser sur cette médiatisation.
Déjà bien installé dans certains pays, notamment aux Fidji et dans les pays du Commonwealth, le sevens était encore méconnu en France. Aujourd’hui, 35 000 personnes pratiquent le rugby à 7 en club : un chiffre dix fois inférieur au nombre total de licenciés de la discipline toutes catégories confondues. Pourtant, cette variante prend de plus en plus de place dans l’agenda de la fédération : développement chez les plus jeunes, multiplications de clubs ou de filiale sevens, essor de la discipline chez les féminines et donc démocratisation du rugby féminin, montée en puissance des équipes de France sur la scène internationale … et même apparition aux JISPO (dédicace à nos MPMS et à nos Agnos) ! Le petit frère du rugby à XV grandit, et s’invite même à Bordeaux …
Bordeaux, nouvelle vitrine du rugby à 7 français
World Rugby, la fédération internationale, a annoncé début 2025 qu’elle est à la recherche de nouvelles villes étapes pour le championnat du monde de rugby à 7. En l’espace de quelques semaines, la FFR doit monter sa candidature et préparer son dossier. Finalement, Bordeaux est retenue mais décroche surtout le gros lot : le port de la Lune recevra l’étape finale. « Bordeaux est une ville qui a démontré sa capacité de recevoir des événements de grande ampleur », nous dit Nicolas, « avec des infrastructures de haut niveau et un stade parfaitement adapté ». Il met particulièrement en avant « l’expérience du territoire » bordelais. Que ce soit avec les récents matchs des équipes de France à Chaban Delmas et au Matmut Atlantique ou encore avec des matchs de football lors des Jeux Olympiques, Bordeaux s’illustre en effet par sa capacité à accueillir de telles rencontres sportives.
Nicolas rappelle que la ville « sera le grand final d’une carte avec Dubaï, Hong Kong, Vancouver, New York, … ». De même, nous ne pouvons occulter l’attachement de la ville au rugby, que ce soit par le fer de lance qu’est l’UBB ou par la galaxie de clubs dans toute la métropole et la région. De même, Nicolas croit en la capacité de Bordeaux à pouvoir réunir farouches supporters de l’ovalie et public plus novice. Il pourra notamment compter sur les spécificités du rugby à 7 : des matchs plus courts qui se succèdent, intensité et vitesse, suspens et retournements de situations plus fréquents… bref, le sevens se distingue bien de son aîné, permettant l’organisation d’un évènement festif et convivial. L’attraction se fera donc sur le terrain mais également à l’extérieur du stade avec la création d’un village : « l’expérience ne se limite pas à rester assis » nous assure Nicolas, « l’évènement est un parfait mélange de sport et de spectacles », rendu possible grâce au travail de nombreux acteurs.
Voir plus loin qu’un simple … essai
Bordeaux sera donc le centre du rugby mondial cet été … mais également jusqu’en 2028 ! La ville a en effet obtenu les finales du sevens pour les trois prochaines années, l’occasion parfaite pour ancrer l’épreuve au sein du paysage bordelais. La ville, son office de tourisme et la métropole sont pleinement engagés dans le projet : « il y a une vraie volonté collective d’accueillir cet événement et de le faire grandir dans la durée ». Si Nicolas Hourquet ne s’occupe que du « pilotage » de l’avion Bordeaux 2026, c’est grâce à l’engagement sans failles des collectivités (qui ne se supportent que quand on parle ballon ovale semble-t-il…).
Pendant plusieurs semaines, il faut gérer 24 équipes venues performer, un « véritable défi logistique et sportif, chacune d’entre elles étant venues pour gagner ». De même, un tel évènement ne serait possible sans la présence de centaines de bénévoles les jours J, que ce soit au village près du stade ou auprès des équipes participantes. L’histoire est donc loin d’être finie entre Bordeaux et le rugby à 7. Si nous avons hâte de voir performer nos équipes de France, l’objectif est de voir plus loin pour la « fédé », qui regarde déjà vers les Jeux Olympiques à Los Angeles en 2028. Mais pour nous, l’heure est aux encouragements : rendez-vous au Stade Atlantique de Bordeaux le 5, 6 et 7 juin prochain pour soutenir nos Bleu.es !
Crédit photo : Office de tourisme de Bordeaux


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