Des oeuvres engagées et féministes pour briser le silence des VSS

TW : cet article traite de VSS, y compris de viols.

En 2023, 277 000 femmes majeures ont été victimes de viol, tentative de viol ou agression sexuelle. Mais derrière ces chiffres, il y a des vies bouleversées et des silences longtemps imposés, ceux des victimes. Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, rappelle combien il est urgent de les entendre. Focus sur des œuvres récentes qui mettent en lumière les VSS.

Tu t’appelais Maria Schneider, livre de Vanessa Schneider (2018)

La sortie en 2024 du film de Jessica Palud, Maria offre l’occasion de présenter le livre dont il s’inspire : Tu t’appelais Maria Schneider, écrit par la cousine de l’actrice, Vanessa Schneider. Dans ce récit intime, l’autrice retrace la vie de Maria, de son enfance fragile à l’épisode qui marquera à jamais sa carrière : le tournage du Dernier tango à Paris. L’insoutenable scène de viol, tournée sans que l’actrice ait été pleinement informée de ce qui allait se jouer, deviendra un traumatisme durable, alors que le réalisateur Bernardo Bertolucci laisse le monstre sacré Marlon Brando (48 ans) violer la jeune femme de 19 ans. Les ailes coupées en pleins débuts prometteurs, la carrière de Maria vole en éclat. Symboliquement, l’actrice est morte en cette année 1972 et s’éteindra véritablement en 2011, après des décennies d’instabilité et de dépendance. Avec une écriture sans fard et tendre, Vanessa Schneider tente de rendre justice à celle que l’histoire du cinéma a trop souvent réduite à une scène.

She Said, film de Maria Schrader (2022)

Réalisé par Maria Schrader, She Said retrace l’enquête publiée le 5 octobre 2017 dans The New York Times par les journalistes Jodi Kantor et Megan Twohey, qui révéla les agissements du producteur Harvey Weinstein et contribua à déclencher l’onde de choc mondiale de #MeToo. Fidèle à la réalité, le film suit pas à pas le travail des deux journalistes, leurs doutes, les refus et les hésitations des témoins, ainsi que les nombreux obstacles rencontrés avant que certaines victimes n’acceptent de parler, souvent pour une unique raison : faire en sorte « qu’il ne puisse plus faire à d’autres » ce qu’il leur a fait. Dans sa mise en scène, la réalisatrice décide d’invisibiliser Weinstein (comme il a invisibilisé ses victimes), en le faisant apparaître seulement au travers de sa voix ou filmé de dos. Classique, efficace et brut, She Said montre comment une enquête journalistique de grande haleine peut fissurer un système entier d’impunité.

« Les draps », chanson de Solann (2025)

Dans cette balade d’une grande douceur, la voix presque céleste de Solann contraste avec la dureté de ce qu’elle raconte. Sa manière de chanter, délicate et presque suspendue, enveloppe des mots qui disent pourtant la violence et les blessures invisibles. Avec « Les draps », l’artiste nomme l’indicible et la musique devient une façon de panser les plaies laissées par un combat trop souvent silencieux : celui que mènent encore tant de victimes de VSS. À travers ses paroles et les métaphores qu’elle tisse avec finesse, Solann fait affleurer toute la complexité des émotions qui traversent les victimes : la douleur, bien sûr, mais aussi la honte et la culpabilité, des sentiments souvent imposés à celles et ceux qui ont subi la violence.


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